ll y avait beaucoup de monde pour accompagner Bernard, mardi dernier ..., tous unis dans l'amitié qu'ils portaient à l'artiste et à l'homme.

Josy avait organisé une cérémonie à leur image à tous deux, calme, sereine, chaleureuse ...

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Pendant que des photographies de Bernard - prises par lui ou de lui prises par d'autres dont la mienne d'un 14 juillet aux moulins du Port - défilaient sur un écran au-dessus de lui, nous pensions sans doute tous que son humilité en prenait sans doute un coup mais qu'il était heureux de nous savoir reconnaissants de son talent et de son amitié.

C'est d'abord Jean-Charles qui lui a rendu un long et chaleureux hommage après avoir fourni toutes les images que FR3 Périgord a montrées dans son journal du 20 juin en rappel du talent de notre ami.


JT Local 19-20 - Périgords (voir à 6:32)

Josy m'avait demandé de dire également quelques mots et, sachant pourtant que je prenais le risque de sangloter, j'ai accepté de dire toute mon affection pour cet ami sincère et l'amitié réciproque qui unit Serge et moi à Josy et Bernard.

Mon cher Bernard,

Te dire au revoir aujourd'hui est un crève-cœur … et bien évidemment je vais avoir du mal à aller jusqu'au bout de ma lecture … Mais peu importe ce que tous tes amis ici ne pourront pas entendre à travers les sanglots, toi … tu entendras.

C'est à Aurélie que je dois de te connaître … J'avais eu l'idée saugrenue de mettre en valeur mon beau village de Couze au travers son industrie papetière … et, pour ce faire, d'organiser chaque année une exposition à partir de la matière "papier" ou de l'histoire du village … David nous avait offert ses "400 clous" … et tous deux me disaient combien tu étais un photographe formidable …

C'est ainsi que nous avons fait connaissance … et que nous avons déjeûné "au fil de l'eau" où, par le plus grand des hasards, tu as retrouvé Marie. Retrouvailles donc avec "le truculent président" … et nous voilà tous partis dans l'aventure : tu étais tombé amoureux de nos ruines !

Tu les as décortiquées de fonds en combles pendant tout l'été et c'était là de belles occasions de "boustifailles" en bordure de Couze … où les discussions philosophiques, voire politiques, allaient bon train … Que de bons moments !

Et quelle magnifique exposition tu nous as offerte à partir du Ph neutre de l'eau de la Couze … Une friche industrielle qui devenait féérique par ton talent … Des images tellement magiques que nos écoliers les ont reproduites pour faire leur propre exposition tant tu étais parvenu à les inspirer …

Voilà le début de notre amitié …, une véritable amitié … qui a continué au fil de l'eau, au fil du temps …

C'est au cours d'une de ces soirées estivales que tu as commencé à parler d'un "mal à l'épaule"… On voyait que ça te minait … Mais qui aurait pu penser à cette atroce vérité ... Tu n'allais bientôt plus pouvoir gambader de ci, de là … Tu n'allais bientôt plus pouvoir saisir la lumière inspirante, la beauté des vaches limousines, la légéreté d'une feuille de papier de Couze …

Grâce à Josy, tu as pu continuer à travailler ta matière vive le plus longtemps possible … mais …

Nous avons encore réussi à nous parler dimanche dernier … J'ai compris que tu me disais "en avoir marre" … J'ai voulu te donner de l'espoir … Tu ne m'as probablement pas crue mais tu nous a souri …

Tu nous a souri de ton sourire inimitable, ce sourire si doux qu'il laissait croire à de la nonchalance … alors qu'il affichait ta bonté, ta discrétion, ton humilité … Une humilité qui n'était pas justifiée tant ton talent d'artiste et ta valeur d'homme étaient extraordinaires.

Je veux dire ici à Maëva combien son Papa l'aimait, combien il admirait son talent lorsqu'elle faisait du théâtre, combien il la trouvait jolie … Bernard parlait peu mais il parlait de toi, Maëva.

Josy comme moi, toutes deux dans une forme différente, nous croyons à la vie éternelle.

C'est donc encore à toi que je parle, Bernard, pour te dire que l'amitié perdure au travers des âmes et que Serge et moi sommes toujours à tes côtés et ceux de Josy.

'Un rayon de soleil a percé la grisaille du ciel, une belle lumière … C'est le moment qu'a choisi Bernard pour nous quitter." C'est ainsi que Josy nous a joliment annoncé ton départ vers d'autres cieux …

Salut l'artiste ! Et à un jour prochain sans aucun doute …

Qui mieux que Josy elle-même pouvait rendre par l'image ce qu'était Bernard ? C'est sans aucun doute la plus parlante des photographies le présentant ...

Son oeil qui frise nous regarde maintenant de là-haut ...

Bernard vu par Josy