Article publié dans Sud-Ouest le 04/09/2014 à 06h00 , modifié le 04/09/2014 à 10h16 par Emilie Delpeyrat -

Alors que Ryanair a fêté son 20 000e passager à Brive mercredi, Bergerac Roumanière affiche un bilan positif à mi-saison

Bergerac/Brive : il y a de la place pour deux aéroportsInauguré en 2010, l’aéroport de Brive accueille plus de 120 000 passagers par an© PHOTO ARCHIVES JEAN-CHRISTOPHE SOUNALET / "SUD OUEST"

20 000 passagers pour Ryanair qui a fêté l'événement, mercredi, devant les caméras de la télévision régionale. Aux alentours de 130 000 pour l'aéroport. Brive poursuit sa fulgurante progression, sans toutefois pénaliser le développement de l'aéroport de Bergerac, qui, malgré la suppression récente de deux de ses lignes (Marrakech et Düsseldorf), a enregistré sur les huit premiers mois de l'année 203 000 passagers.

Les deux aéroports pourraient se gêner tant ils se ressemblent : l'un comme l'autre proposent des vols low-cost vers Paris, dans un objectif affiché de désenclavement du territoire, et des liaisons avec des villes européennes (Londres, Amsterdam, Edimbourg, etc.) dans un souci délibéré de développement touristique de leur bassin de vie.

Brive regarde vers le Sud

aéroport de BriveSeule différence, Brive propose davantage de « destinations soleil » que Bergerac, qui leur a longtemps préféré « les destinations entrantes », pourvoyeuses de touristes, avant de se tourner éphémèrement vers le Maroc (ouverte en 2013, la ligne n'a pas été reconduite l'année suivante). Alors que Bergerac garde les yeux rivés vers les pays anglo-saxons, Brive regarde désormais autant vers le Sud que vers le Nord avec des vols low-cost réguliers vers Ajaccio ou Porto.

Un effort apprécié des usagers locaux des lignes aériennes auxquels l'aéroport de Brive veut offrir la possibilité renouvelée de partir chaque année sous des cieux cléments à bas prix. « Il est important que les habitants de la région de Brive puissent s'approprier l'aéroport », indique le directeur, Michel Blanchet.

Ils ne se parlent pas assez

La Corrèze, le Lot et le Sarladais pour l'aéroport de Brive, le Bergeracois, le Lot-et-Garonne et le Nord de la Dordogne pour celui de Bergerac : les deux structures se partagent presque mécaniquement le territoire. Seul regret, « ils ne se parlent pas assez » estime Serge Mérillou, le président du Syndicat mixte air Dordogne (SMAD), propriétaire de l'aéroport de Bergerac, qui a proposé à plusieurs reprises de dialoguer avec ses homologues de la Corrèze, en vain. « Il faudra se mettre autour de la table un jour ou l'autre pour éviter la surenchère des compagnies vis-à-vis des collectivités », explique le conseiller général de Lalinde.